014-17/04/1993 : Germaine Richier «Le griffu» n° 2798

EUROPA C.E.P.T. - Art contemporain 
Germaine Richier «Le griffu»

En 1952, sept ans avant sa mort, lorsque Germaine Richier réalise cette figure hybride qui tient à la fois de l'homme et de l'animal qu'est Le Griffu, l'artiste a déjà mis en place un univers de formes singulières qui font d'elle, au même titre que son contemporain Alberto Giacometti, l'un des sculpteurs les plus importants de l'immédiate après-guerre. "J'aime le tendu, le sec, le nerveux", avouait volontiers cette ancienne élève de Bourdelle, qui, très jeune, avait également fait ses classes à l'école des Beaux-Arts de Montpellier, dans l'atelier d'un praticien de Rodin. De cet apprentissage exceptionnel, Germaine Richier devait garder une solide technique ancrée dans la tradition qui passait par le compas et le fil à plomb ainsi que par un besoin incessant d'avoir recours au modèle vivant, quitte ensuite à laisser fonctionner l'imaginaire et à prendre toutes libertés avec la nature. "Une seule discipline, disait-elle aussi, faire des bustes ressemblants pour se retremper de temps à autre dans la réalité". Une réalité qu'elle distance et décale créant un ensemble de figures uniques où l'animal, le végétal, le minéral et l'humain se mêlent et se croisent, s'affrontent et se confondent pour se défier et se mettre à mal. Ainsi, parmi ses pièces maîtresses, Le Berger des Landes semble avoir une échasse de trop qui lui interdit à tout jamais de se mouvoir, son ventre a perdu ses tripes et sa figure n'est plus que béances. Quant à L'Araignée, La Fourmi ou encore Le Griffu, ils n'en finissent pas de tisser entre leurs mains ces longs fils tendus qui semblent prendre la mesure de l'espace et du temps impartis à la sculpture, à moins qu'ils ne se lisent comme un étrange moyen de se propulser, tant l'idée de statisme semble étrangère à l'art de Germaine Richier. Ici, il n'est que pieds fourchus, mains griffues et figures défoncées, toutes difformités qu'accentuent encore la prise en compte des vides autant que des pleins et le traitement du bronze que l'artiste triture et déchiquette à outrance. "Je suis plus sensible à un arbre calciné qu'à un pommier en fleur" avait coutume de dire Germaine Richier dont les grandes figures s'avancent tels les personnages d'une dramaturgie occulte puisée au tréfonds des délires troubles d'un inconscient hanté par le déchirement et la fureur au monde.Maïten Bouisset.( Source : https://www.laposte.fr/toutsurletimbre )

Mise  en  page  :  Jean-Paul  VERET-LEMARINIER  ( signature )

Impression  :  Héliogravure          Tirage  :  4 376 647 ex

1er  jour  le  17  avril  1993          Retrait  le  15  avril  1994

 

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Date de dernière mise à jour : 25/11/2018